Le discounter allemand Lidl franchit une nouvelle étape dans sa conquête des centres-villes français. L’enseigne a annoncé lundi être entrée en négociations exclusives avec le groupe Casino pour racheter trois magasins Monoprix situés en Île-de-France, à Chatou, Le Pecq et Argenteuil. Une opération qui devrait se finaliser avant l’été et qui illustre la volonté du distributeur de s’implanter durablement dans des zones urbaines denses, terrain de jeu traditionnellement réservé à ses concurrents premium.
Cette acquisition s’inscrit dans une stratégie assumée de montée en gamme territoriale pour Lidl, qui compte déjà 1 600 points de vente et 46 000 collaborateurs dans l’Hexagone. En investissant des emplacements jusqu’ici occupés par Monoprix, l’enseigne au logo jaune et bleu entend démontrer que son modèle – centré sur les marques de distributeur et les prix serrés – peut séduire une clientèle urbaine habituée à d’autres standards. Les trois sites feront l’objet de travaux de rénovation pour adopter son concept actuel, alliant efficacité commerciale et modernité.
Un engagement social qui rassure
Au-delà des enjeux commerciaux, Lidl a tenu à afficher ses garanties sociales. L’intégralité des salariés des trois magasins sera reprise, avec un dispositif d’accompagnement comprenant des entretiens individuels, une formation de trois mois minimum par poste et une immersion temporaire dans d’autres supermarchés du réseau pendant la durée des travaux. Une promesse qui devrait faciliter les discussions avec les organisations syndicales et les élus locaux, souvent attentifs aux répercussions de ce type d’opérations sur l’emploi. Pour Bruno Caillet, directeur exécutif des services centraux de Lidl France, il s’agit d’affirmer un « ancrage durable » et une posture « d’acteur de proximité engagé pour le pouvoir d’achat ».
