[ interviews ] Pour une société entreprenante

A travers son ouvrage « Pour une République de citoyens entrepreneurs », Dominique Amirault, président de la FEEF, adresse aux candidats une série de mesures et propositions destinées à bâtir une société entreprenante, qui passe par la nécessité de remettre l'homme au cœur des décisions, différencier les relations commerciales et stabiliser le cadre réglementaire et concurrentiel.

publié le Mardi 18 Avril 2017

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« Nous portons en nous les germes de la renaissance. Appuyons-nous sur les hommes, ce gisement de valeur inépuisable, faisons-leur confiance ; ils sont prêts à entreprendre, à prendre en main leur destin et à être les parties prenante de cette renaissance. » A travers son livre, « Pour une République de citoyens entrepreneurs !», édité chez Tallandier, Dominique Amirault, président de la FEEF (Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France ) interpelle les candidats aux élections présidentielle et législatives sur la nécessité de remettre l'homme au cœur de la société, de le libérer de ses tutelles et contraintes pour qu'il puisse s'épanouir, s'accomplir et développer son énergie entrepreneuriale. Il adresse aux candidats une série de mesures et propositions destinées à bâtir ensemble une société entreprenante. Son constat est clair. La déconnexion entre les aspirations des citoyens et les réponses institutionnelles apportées par notre système actuel, sous domination financière, empêtrent et étouffent l'enthousiasme des hommes.

 

Libérer l'homme dans l'entreprise

Pour Dominique Amirault, le triangle d'or du citoyen entrepreneur repose sur trois points. Tout d'abord, il s'agit de libérer le citoyen entrepreneur, pour libérer l'homme dans l'entreprise afin de répondre à ses aspirations à plus d'autonomie, d'indépendance et de responsabilités. Ce qui suppose aussi plus de confiance de la part des entrepreneurs à l'égard de leurs équipes. Cette démarche valorise évidemment la dé-hiérarchisation et le décloisonnement ainsi que la mise en place d'une dynamique ascendante, collaborative et participative dans l'entreprise. Elle mise sur le développement de l'approche collaborative, « aux antipodes de relations conflictuelles », et de la co-construction, « en ayant toujours à l'esprit la satisfaction client. La communauté humaine de l'entreprise décide de son mode de relation interne pour s'adapter à son environnement et assurer sa pérennité et celle de ses emplois. »

 

Libérer les relations commerciales

 

Le deuxième axe vise à libérer les relations commerciales. « Nous, entrepreneurs n'existons que par nos clients. Les relations ne peuvent pas être conflictuelles. » L'objectif est de développer la relation collaborative avec les clients « pour créer de la valeur ensemble : 1+1 = 3. » En revanche, dans un contexte de marché déstabilisé par la domination des groupes mondialisés et leurs concentrations qui dérèglent le libre-jeu de la concurrence et déséquilibrent les relations commerciales à l'amont, Dominique Amirault observe que le commerce ne vit plus à l'heure de l'économie depuis des années. « Le déséquilibre est tel, qu'il n'y a plus de création de valeur. Progressivement la loi du plus fort, à savoir celle des grands groupes, s'est imposée à tous, les PME devenant valeurs résiduelles d'ajustement. » Autrement dit, en traitant tout le monde de la même manière, on écrase les plus petits et on ne tient pas compte des différences. D'où l'idée que la relation contractuelle doit primer sur la loi, que les règles du jeu soient fixées client par client plutôt que de se voir imposer des règles. « Le contrat, c'est la décision d'en bas. C'est une loi entre les parties. »

Pour libérer les relations commerciales, Dominique Amirault plaide ainsi pour la mise en œuvre de solutions différenciées distinguant l'entrepreneur de PME indépendant du groupe multinational qui suit avant tout une logique financière et cherche à améliorer sa rentabilité. « Le principe d'égalité formelle conduit à une inégalité » poursuit-il en illustrant ses propos par l'image du match de boxe. « Il n'y a jamais de combat entre un poids plume et un poids lourd. Le commerce doit lui aussi reconnaître cette différence. » Pour lui, la reconnaissance du droit à la différenciation doit être inscrite dans la constitution, une différenciation positive qui va dans le sens de l'intérêt général. Ce principe s'appuie sur un renforcement du rôle de l'autorité de la concurrence et de la DGCCRF, « l'arbitre du jeu mais qui ne doit pas siffler la faute trois heure après. », et la mise en place d'une TVA compétitivité. Cette dernière doit permettre de rééquilibrer la concurrence d'autres pays sur le marché français afin que la protection sociale ne pèse plus seulement sur les entreprises françaises mais sur tous les produits vendus en France. « Tout ce que l'on consomme doit pouvoir financer notre modèle social. »

 

Libérer les relations citoyennes

 

Le troisième axe de sa réflexion consiste à libérer les relations politiques et citoyennes dans la cité. « Les citoyens ont envie d'agir autour d'eux mais en sont empêchés en raison d'un accaparement du pouvoir par une élite qui ne se renouvelle pas. » Dominique Amirault suggère quelques pistes de progrès comme l'interdiction du cumul des mandats et des rémunérations issus de fonctions politiques, la simplification administrative et la déjacobinisation de la structure du pouvoir en faisant confiance aux citoyens et à leur capacité de contractualiser les règles et bien entendu la démocratie participative pour mettre fin à la déconnexion des élus vis-à-vis du terrain. Ce chantre de l'entrepreneuriat estime primordial de reconnaître l'esprit d'entreprendre et donc son corollaire, le droit d'expérimentation. « La peur est le contraire de l'esprit d'entreprendre. » Il propose aussi de renforcer les liens de l'entrepreneur indépendant avec la société par un engagement RSE. « L'entrepreneur PME fait du sociétal sans le savoir ! Il est enraciné dans le territoire, au milieu de ses équipes. Cette démarche est bien différente de celle des financiers pour lesquels la RSE relève du ripolinage !». Et de citer en exemple la marque fédérative « Entrepreneurs + engagés » qui valorise les PME éco-responsables et qui, contrairement aux labels type AOC, « ne nivelle pas par le bas ». Plutôt que de se baser sur une moyenne, « le meilleur doit tirer le peloton vers le haut. C'est une démarche de progrès. »

Le président de la FEEF met également l'accent sur la nécessité d'un véritable contrôle des finances publiques et leur équilibre et est partisan d'une fiscalité dynamisante, qui incite plus qu’elle ne contraint, qui facilite les transmissions de PME, leur permet de grandir et encourage le crédit d'impôt Recherche et Export focalisé sur ces PME pour les muscler de l'intérieur. « Aujourd'hui, le Crédit d’impôt Recherche est capté à 80 % par les grands groupes. »

Dominique Amirault fait aussi de l'emploi une priorité. « Ce n'est pas qu'une question de survie, c'est aussi une question de dignité. Dès lors que la richesse c'est l'homme, c'est simplement éviter le gaspillage de notre plus grande richesse, l'homme créateur de valeur » estime-t-il. « On est tous citoyens et entrepreneurs. Le citoyen entrepreneur est donc celui qui créée de la valeur, de la richesse pour son bien-être personnel et pour la société. On a de l'or sous les pieds. Au lieu de râler, il faut se faire confiance et y aller. »

 

Libérer les énergies entrepreneuriales

 

Dans son livre, Dominique Amirault propose différentes mesures, résumées à travers dix propositions clé :

  • Renforcer les capitaux propres et encourager les investissements de PME
  • Soutenir la trésorerie des PME
  • Assurer l'équité et l'efficacité fiscale
  • Favoriser la création d'emploi dans les PME
  • Encourager l'innovation et l'export
  • Définir l'entrepreneur PME indépendant et reconnaître le principe de différenciation
  • Assainir et fluidifier les relations commerciales
  • Retrouver une concurrence saine, équilibrée et loyale
  • Simplifier la réglementation
  • Assurer une stabilité législative et réglementaire

 

Dominique Amirault réélu

 

Les 16 membres du bureau de la FEEF (Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France), réunis en Assemblée Générale le 5 avril dernier, ont réélu à l’unanimité Dominique Amirault à la présidence de la Fédération pour 3 ans.

Parmi les membres du bureau, ont également été réélus : Jean-Pierre Barjo (Lorina), Jean-Pierre Blanc (Malongo), Valéry Brabant (Charbonneaux-Brabant), François Carayol (La Brosse et Dupont), Arthur d’Espous (Jean Larnaudie), Dominique Lanson (Rica Lewis), Franck Lecomte (Wattwiller), Eric Renard (La Phocéenne de Cosmétique), Jean Verdier (Naturgie Favols). Ce bureau accueille 6 nouveaux dirigeants : Mikaël Aubertin (Good Goût), Joseph Bourget (Sainte Lucie), Jean Chanas (Idéal), Emmanuel Goetz (Bretzel Burgard), Léonard Prunier (Maison Prunier) et Agnès Put (Boyauderie Sisteronnaise).

En 2017, Dominique Amirault souhaite notamment renforcer le discernement dans le box de négociation et intégrer la RSE, toujours de manière collaborative et par la voie contractuelle, et mettre en place un parcours de digitalisation pour accélérer la transformation digitale des PME.


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