[ enquête ] La filière bio peine à répondre à la hausse de la demande

L’engouement de plus en plus prononcé des Français pour le bio a son revers : les opérateurs ne sont pas toujours en capacité de fournir une production suffisante sur certains produits. Un défi à relever pour accélérer la croissance.

publié le Mercredi 27 Septembre 2017

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Les chiffres révélés par l’Agence Bio pour le premier semestre 2017 confirment la forte progression du marché bio : les ventes ont grimpé de 500 millions d’euros par rapport à la même période 2016, soit une crooissance de 14 %. Ce sont les GMS qui enregistrent la hausse la plus marquée, à + 18 %, soit 270 millions d’euros supplémentaires. La filière a gagné son pari auprès des consommateurs : près de 7 Français sur 10 consomment des produits bio au moins une fois par mois. Ils sont une grande majorité (85 %) à faire confiance au bio et à vouloir son développement (83 %). On ne peut désormais plus parler d’une tendance, mais d’une évolution pérenne de la consommation. Ce qui ne va pas sans soulever certains problèmes, notamment d’approvisionnement. Selon Florent Guhl, directeur de l’Agence Bio, le marché aurait pu croître plus fortement. « Des pénuries sur certains produits comme les viandes, les œufs, les vins et le lait, ont pénalisé la croissance du marché », explique Florent Guhl.
 

Accroître la production
 

Dans le cadre des Etats généraux de l’alimentation, l’Agence Bio a formulé cinq recommandations concrètes destinées à atteindre l’autosuffisance : pérenniser les dispositifs d’aides aux producteurs bio ; prioriser l’accès au foncier pour les installations en agriculture biologique ; introduire progressivement des produits bio et locaux dans la restauration collective pour atteindre 20% de produits bio d’ici 5 ans ; doubler le fonds Avenir Bio pour structurer des filières nationales ; orienter le financement privé vers le bio, comme par exemple les encours du Livret Développement Durable.

« Nous devons passer à la vitesse supérieure pour pérenniser l’avenir de la bio », estime le directeur de l’Agence Bio. Un chemin semé d’embûches. Le 21 septembre, lors du salon Tech et Bio, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, a annoncé qu’à partir de 2018, les aides de l’Etat seraient recentrées sur l’aide à la conversion des exploitations conventionnelles à l’agriculture biologique. Ce qui signifie que l’Etat supprime sa participation financière aux aides pour le maintien de l’agriculture bio, octroyées aux mêmes agriculteurs pour les aider à pérenniser leur jeune exploitation. La plus importante part de ces aides au maintien provient des fonds européens agricoles pour le développement rural (Feader). Ces fonds, gérés par les régions, ne bénéficieront donc plus du soutien de l’Etat. « C’est à n’y plus rien comprendre », se désole Stéphanie Pageot, la présidente de la FNAB (Fédération nationale d’agriculture biologique) dans un communiqué, « toutes les conditions sont réunies pour faire de la bio un succès collectif français et c’est le moment que choisit l’Etat pour se retirer alors même que nous avons besoin d’un soutien public fort ». Dans le même communiqué, la FNAB « considère qu’une véritable politique publique en matière d’agriculture bio doit se fixer l’objectif ambitieux d’être le premier pays bio d’Europe avec 20 % de surfaces agricoles utiles bio en 2022 ». Le président de la République doit d’exprimer sur le sujet le 11 octobre prochain…


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